Agir vers une conception universelle de l’apprentissage

La crise sanitaire est apparue comme un révélateur des profondes mutations du monde et de la société sur les plans environnemental, économique et social. Celles-ci  nécessitent d’inscrire la formation initiale (l’école) dans les perspectives des décennies futures (cf. Le Projet Education 2030 de l’OCDE : « Le futur de l’éducation et des compétences »)      .

Au vu du contexte et du monde en perpétuelle mutation, il nous faudra articuler les apports entre savoir et savoir-être. Il s’agit de penser tout à la fois les apports didactiques et ceux relatifs aux compétences psychosociales comme fondement même de l’ensemble de la stratégie ​de développement professionnel. Garantir la maîtrise des savoirs fondamentaux pour tous les élèves (bien-apprendre) et aider chaque élève à prendre confiance en lui afin qu’il puisse développer son potentiel et sa créativité (bien-être).       

  • La fermeture des écoles a potentiellement accentué et accéléré les inégalités et l’éloignement de l’école des élèves les plus à risque, alors même que le déterminisme social est un handicap majeur de notre département (cf projet acad).
  • La crise sanitaire a révélé l’impérieuse nécessité d’apprendre à faire face à un monde incertain : nous avons plus que jamais besoin de flexibilité, d’adaptabilité…
    Il nous faut donc pouvoir accompagner en proximité les enseignants et offrir un contexte de développement professionnel qui permettra aux équipes d ’aider les élèves à construire le monde de demain et à en devenir des acteurs éclairés, créatifs et sereins (cf projet acad et Éducation 2030/ocde) .

L’autonomie, l’estime de soi, l’ambition, la curiosité, la confiance dans l’école et en soi, la prise d’initiative, la capacité à collaborer, à résoudre des problèmes complexes, l’esprit critique ​… autant de compétences transversales et communes tout à la fois indispensables à la lutte contre les déterminismes et à l’ambition de préparer nos élèves à faire face aux enjeux d’un monde en constante évolution.

 

Aussi, il s’agit de :

Comprendre la nature des principaux obstacles rencontrés par les élèves les moins familiers de l’univers scolaire, de ses codes et de ses attendus … pour s’intéresser aux obstacles communs ...

L’observation des élèves au travail, l’analyse de ce qu’ils font, de ce qu’ils disent, de leurs productions va permettre de mieux comprendre les obstacles rencontrés, l’origine des erreurs, la compréhension des attitudes.

Beaucoup d’entre elles [les difficultés] leur sont communes et relèvent d’un rapport au savoir, d’une manière d’interpréter les activités scolaires en partie socialement construit. Les habitudes et logiques familiales ne les ont pas toujours préparés aux attendus de l’école et les malentendus qui s’installent, faute d’être levés, débouchent sur des difficultés qui au fil de la scolarité vont s’enkyster.

Les difficultés découlent d’une interprétation socialement construite de l’école et de ce qu’on y fait et que beaucoup partagent. C’est pourquoi, il apparaît en premier lieu plus pertinent et opératoire de concevoir le quotidien de la classe, l’enseignement collectif, en s’appuyant sur la connaissance de ces difficultés, de les prévenir au travers de dispositions, gestes, organisations, pratiques qui vont s’adresser à tous les élèves et participer à une meilleure compréhension et entrée dans les tâches scolaires.

http://cpd67.site.ac-strasbourg.fr/ed_prioritaire/wp-content/uploads/2017/08/Education_prioritaire__Dossier_Penser_l_heterogeneite_2017.pdf  

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«Sans doute il se peut que dans un certain nombre de cas, la difficulté scolaire soit imputable à des particularités cognitives ou psychologiques des élèves. Mais ce n’est pas le cas général. Ce n’est pas par là qu’on peut expliquer la représentation massive des élèves de milieu populaire dans le nombre de ceux qui échouent à l’école. D’où la nécessité de ne pas imputer la difficulté scolaire aux seuls individus qui en sont les victimes. Plutôt que de la voir comme une caractéristique des élèves, il peut être pédagogiquement fécond de la voir comme tenant au rapport entre la culture de ces élèves et la culture de l’école. Rendre visibles, dicibles et explicites les présupposés et les conventions sous-jacentes aux activités scolaires, voilà la base de ce qui serait une authentique pédagogie différenciée.» 

Sabine Kahn,université libre de Belgique,«Différenciation et traitement scolaire des différences» http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=NRAS_070_0039 

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Une « bonne régulation » conduit l’élève à s’engager dans l’apprentissage avec confiance et enthousiasme. La « mauvaise régulation » de la métacognition se solde par le dégoût d’apprendre, l’évitement de l’école, le décrochage, et par ce que l’on nomme « la spirale de l’échec ».

La sortie précoce de l’école, étant multifactorielle, n’est pas uniquement imputable à l’école. Mais le système éducatif a la responsabilité de permettre à tous les élèves de se sentir bien à l’école, d’être actifs en classe, d’être motivés par ce qu’on y fait, et d’être confiants dans leurs capacités d’apprentissage.

https://www.reseau-canope.fr/conseil-scientifique-de-leducation-nationale/groupes-de-travail/gt-5-metacognition-et-confiance-en-soi.html

… et Comprendre ce qui permet de lever les freins aux apprentissages en :
  1. Développant le plaisir d’apprendre et la confiance dans leurs capacités d’apprentissage. (“Apprendre à oser … se tromper”)
    • Lever les obstacles socio-psychologiques à l’envie d’apprendre
      • exemples :
        • Le Growth-Mindset (Mentalité de croissance) – C DWECK
        • la bienveillance – C GUEGUEN / C MARSOLLIER 
    • Renforcer et soutenir l’engagement actif, le but d’apprentissage et la motivation à apprendre
      • Exemples :
        • les besoins psychologiques fondamentaux de la théorie de l’autodétermination – DECI & RYAN
        • le Sentiment d’auto-efficacité – BANDURA
        • l’engagement actif – S DEHAENE
  2. Effectuant des choix didactiques et pédagogiques qui facilitent et permettent les apprentissages en tirant profit de l’hétérogénéité et du collectif
    • Comprendre les obstacles didactiques, identifier les sauts cognitifs (= résistance cognitive)
    • Identifier les démarches pédagogiques qui aident et impactent positivement les apprentissages – Méta-analyse de J HATTIE / 
      • exemples : la verbalisation du raisonnement / la confrontation des points de vue / l’apprentissage coopératif / l’enseignement explicite / …etc…